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02/12/2011

Les semences, rencontre du samedi 29 octobre 2011 à Dar Bouazza

Les semences et oui ! Tellement important qu’on y pense pas assez, les réflexions collectives commencent à se faire jour au Maroc et il est temps… Laissons la parole à Catherine Skali qui a participé à une rencontre autour de cette thématique et nous livre le compte-rendu ci-dessous.

semencesJuste pour être un peu dans l'ambiance de cette rencontre, même si la photo est un peu sombre! (Dar Bouazza, Casablanca)

Didier Meunier, militant de l’association Kokopelli pour la préservation des semences et de la biodiversité, a présenté à Dar Bouazza devant différents acteurs de l’agro-écologie et de l’agriculture bio en général, la problématique des semences au niveau international. A l’issue de cet exposé, un débat s’est installé concernant la situation au Maroc et une ligne d’action s’en est dégagée.

Il y a environ 12 000 ans, l’homme découvrait peu à peu la comestibilité de certaines plantes. Il les sélectionnait et en domestiquait au fil des générations pour les rendre plus tendres. Et ceci jusqu’à il y a 200 ans; depuis lors, nous avons les plantes que nous connaissons aujourd’hui. Pour améliorer la résistance et la productivité, l’homme est allé plus loin dans ses recherches et est directement intervenu sur les plantes. Dans un premier temps, il a posé l’organe masculin d’une plante directement sur l’organe féminin et a ainsi créé des produits « hybrides » qui ont eux-mêmes donné des « semences hybrides », avant de penser à modifier directement les gènes (OGM). Les semences hybrides constituent aujourd’hui au Maroc entre 80% et 90% de la totalité des semences. Le souci majeur posé par ces semences : elles ne sont pas ou peu reproductibles, donc il faut les acheter chaque année ou risquer d’avoir des pieds de tomates sans fruits. De plus, un système de brevetage concernant ces semences hybrides en a considérablement augmenté le prix qui est devenu prohibitif pour 45%  à 50% des petits paysans marocains.

Tout un monopole financier s’est donc monté derrière ce commerce de semences qui sont élaborées avec l’introduction de fongicides, d’insecticides et d’engrais chimiques. Toutes les semences sont répertoriées dans un catalogue officiel, créé en France en 1922 et utilisé comme modèle de base dans la plupart des pays. Les semences hybrides se sont substituées peu à peu aux semences « populations » ou appelées également « communes », qui elles, n’ont pas subi d’hybridation, se reproduisent naturellement et permettent aux petits paysans de se nourrir et de nourrir leur famille.

Les représentants de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique, Maroc) présents lors de cet échange, ont confirmé que les semences « populations » marocaines, circulaient effectivement dans les souks et permettaient encore aux  petits producteurs de survivre mais qu’elles étaient méconnues et non répertoriées. Le gouvernement est favorable à la constitution d’un catalogue concernant ces semences et l’INRA qui en a un certain nombre en sa possession est prêt à en fournir aux petits agriculteurs. Il n’existe pas non plus de juridiction marocaine sur les semences bio au Maroc, aussi tous les acteurs de l’agro-écologie souhaitent travailler ensemble sur ce champ vierge. L’Association Amabio (Association marocaine pour l’agriculture biologique) se propose d’être un tremplin vers l’institutionnel et de fédérer les différentes initiatives.

En conclusion, les différents acteurs du réseau proposent, avec l’aide des divers partenaires présents, de recenser les semences « populations » existantes et utilisées par les paysans, de créer des banques de semences « populations » à travers le Maroc, dégagées de tout produit chimique et valorisant la biodiversité, et de mettre en place une caravane de semences ; enfin de créer à moyen terme, un catalogue spécifique pour ce type de semences. 

Et pour aller plus loin, un documentaire sur la problématique mondiale des semences, pour faire comprendre  qu’on ne plaisante pas avec ce sujet :

http://www.dailymotion.com/video/xjzde0_la-semence-dans-t...

Catherine Skali

 

Commentaires

bonjour y a t il du son d'avoine et de ble bio

merci

souad

Écrit par : zebdi | 23/04/2012

Bonjour, je cherche des graines de consoude pour cultiver cette plante , en faire du purin et compost pour fertiliser mes mandariniers avec.. En avez vous en? Sauriez vous où je pourrais m'en procurer? Aussi, quel est la traduction du mot consoude en arabe ou darija ou berbere? Merci a vous et bon courage
Mehdi

Écrit par : Cherkani Mehdi | 03/06/2012

Bonjour, merci pour votre intérêt,
pour les graines de consoude je ne peux vous dire, mais peut-être vous pourriez poser votre question à ces personnes : Zineb Benrahmoune et Touriya ATARHOUCH
bien cordialement, Catherine

Écrit par : Catherine | 11/06/2012

Les commentaires sont fermés.